Un projet de recherche-action

L’augmentation des densités de sangliers est associée à une recrudescence des dégâts agricoles, à des collisions routières croissantes et souvent à des conflits entre chasseurs – chargés de la régulation des effectifs et du paiement des dégâts agricoles – et les agriculteurs, les gestionnaires d’espaces protégés, ainsi que les autres usagers des territoires ruraux et périurbains.

Le dialogue généralement difficile entre ces acteurs se focalise régulièrement, au-delà des notions de densité et de dynamique des populations, sur l’utilisation de l’espace par le sanglier (d’où viennent les animaux à l’origine des dégâts ? utilisent-ils des espaces protégés ou le milieu péri-urbain durant le jour ? etc.) sur lesquelles au final très peu de données objectives sont disponibles.

Le projet a pour ambition de démontrer la possibilité de créer une dynamique collaborative enrôlant l’ensemble des parties prenantes (gestionnaires d’espaces protégées, chasseurs, agriculteurs, services de l’État, chambre d’agriculture, société civile et organismes de recherche) autour de la définition et de l’évaluation collectives de mesures de gestion en s’appuyant sur une étude des déplacements des sangliers, qui offre à la fois des données objectives et un support cartographique autour duquel articuler une discussion permettant de mieux comprendre la biologie, les mœurs et les habitudes des animaux mais aussi les interdépendances fonctionnelles, économiques, sociales et écologiques des territoires concernés.

Le projet se déroule dans 2 sites d’études :

  • la réserve de biosphère (du programme MAB de l’Unesco) des Gorges du Gardon (Gard)
  • le Parc National des Écrins (Hautes-Alpes, Isère)

Dans chaque site les objectifs spécifiques du projet sont :

  • d’analyser la mobilité des sangliers (par colliers GPS et pièges photographiques)
  • de mettre en place et d’animer un dialogue inter-acteurs autour de ces données
  • de co-construire avec les parties-prenantes un outil de simulation pour explorer la dynamique spatiale des populations de sangliers selon différents scénarios d’occupation des sols, de gestion des milieux et des prélèvements, et de les évaluer collectivement
  • Enfin, il s’agira de valoriser les résultats du projet auprès des différentes parties-prenantes et aussi du grand public. Nous communiquerons également vers les acteurs nationaux de la ‘problématique sanglier’, pour faciliter la mise en place d’expérimentations similaires permettant d’éprouver et d’améliorer la reproductibilité du processus

Partenariat

Le projet est porté par Simon Chamaillé-Jammes et Raphaël Mathevet
du Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (Montpellier).
Le projet est principalement financé par le CNRS et la Fondation François Sommer. Les institutions gestionnaires des sites d'études s’engagent aussi financièrement.
L'Office Français pour la Biodiversité (OFB) est également partenaire.

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